EHPAD GENOVA

Maitre d’ouvrageVille de Gênes
Maitre d’oeuvreAlexandre Ostrowski Architecte
SurfaceEHPAD 1330.00m²
Projet de fin d’études

Thème:
Reconversion et revalorisation d’une friche urbaine.

Sous-thème:
VOISIN’AGES: Création d’une EHPAD et de foyers logements pour personnes âgées/ corrélation entre les différentes générations.

Gênes, ancienne ville à forte activité industrielle et portuaire, tente aujourd’hui d’inverser le regard et cherche à devenir une ville touristique et attractive. L’abandon de certains espaces en bord de mer mais aussi au sein de la ville tel que le Marché deviennent des friches exploitables et constituent ainsi le renouveau de la ville.
Il s’agit alors de profiter des potentiels qu’offrent ces sites afin de proposer un nouveau plan d’aménagement urbain.

Le quartier du Val Bisagno est un quartier dense avec peu d’espaces publics disponibles pour ses riverains. L’étude démographique de la ville de Gênes démontre que la population est une population vieillissante. Toutefois, cette population est en augmentation ces dernières années du fait de l’apport de nouvelles activités tertiaires incitant des familles à venir vivre sur Gênes.
Il m’a semblait alors intéressant d’offrir un espace à cette population vieillissante, la mixant par la même occasion à d’autres générations et proposant donc une corrélation entre diverses tranches d’âge: Voisin’âges. Prenant le parti pris de supprimer la totalité de l’ancien Marché, nous nous retrouvons face à un site vierge offrant une totale liberté de composition urbaine.

Améliorer les déplacements et les connexions au nouveau quartier:
Le premier facteur a prendre en compte est le réseau de déplacements. Gênes est une ville où de nombreux types de transports en commun sont présents tel que le Métro, le bus, les ascenseurs…connectant ainsi les différents quartiers de la ville entre eux.
Le Corso Sardegna est un axe ou se mélangent des amorces de ramblas et des stationnements sauvages. L’unique réseau de transports en commun présent à proximité du site est celui des bus.

La réhabilitation du Boulevard semble donc nécessaire et nous proposons un travail sur le déplacement en tramway à l’échelle du quartier. Nous avons ainsi proposé un tracé reliant les points importants se situant dans le quartier du Val Bisagno, depuis la Gare Centrale jusqu’ à la partie Nord à dominance résidentielle, en passant par la place kennedy et le site du nouveau quartier à l’étude.
Ce tracé propose également un transport piéton en son centre, offrant une promenade le long de la ligne de tramway. La mise en place de la ligne de tramway permet de réduire les stationnements sauvages mais aussi de réduire la vitesse des voitures sur les voies remodelées: en effet, une réduction de la voirie à deux fois deux voies au lieu de deux fois trois voies à proximité du nouveau quartier réduit alors la circulation et offre une sécurité aux nouveaux riverains. Cette réduction de voies s’applique à chacun des arrêts de la ligne de tramway. Nous pouvons ainsi faciliter l’accès aux arrêts.
Concernant, les véhicules dont le stationnement se situait sur le site, ceux-là n’ont plus lieu d’être étant donné que l’activité n’est plus. D’autre part, si les véhicules étaient ceux des riverains alentours, ces derniers bénéficient de stationnements autour de leurs habitations mais aussi en cœur d’îlot. De plus, la mise en place de transport en commun est aussi un tremplin pour réduire l’utilisation de la voiture par les habitants du quartier du Val Bisagno.

Le plan urbain proposé ne se confine pas au limite du site initial: en effet, afin de proposer des promenades cohérentes et de lier les bâtiments existants sur la partie Sud avec le nouveau quartier, l’action se propage jusque la Via Paolo Giacometti.

Le quartier du Val Bisagno est un quartier réalisé durant l’ère Fasciste. La principale particularité du quartier est qu’il s’organise selon une trame orthogonale. Les îlots sont formés par un regroupement de 4 à 6 plots. L’implantation du bâti reste donc dans cette logique d’organisation en proposant un découpage parcellaire basé sur le tissu urbain existant. D’un point de vue volumétrique, le bâti sur le Corso Sardegna est un rappel du volume initial de l’ancien Marché composé d’une structure bâtie de faible hauteur avec une toiture en coeur d’îlot. Ces volumes ont été par la suite adaptés en cohérence avec la fonction destinée.

La circulation autour du site est un des points majeurs dans la conception urbaine du projet. Le parti pris est d’organiser une circulation piétonne libre sur la totalité du nouveau quartier. Toutefois, nous conservons une voie à sens unique sur la partie Est du quartier, permettant ainsi la déserte locale pour les habitations pré-existantes. Concernant les futurs nouveaux résidents du quartier, des stationnements en souterrains sont proposés. Ces parkings souterrains dialoguent avec les nouvelles constructions par l’intermédiaire de noyaux de circulations internes.

Un dialogue avec les bâtis alentours permet de mettre en place certaines porosités dans les volumes et le déplacement de ces volumes vers le cœur d’îlot permet différents accès au quartier. Ces intensités dépendent principalement de la fonction des espaces: Espaces verts publics ou espaces verts privés.
Concernant les espaces entre les bâtiments, nous retrouvons une gradation allant de l’espace public en bordure du quartier à l’espace privé en cœur d’îlot. D’autre part, un travail en creux sur les espaces verts est proposé sur l’un des volumes destinés à une population dépendante. Les espaces proposés occupent des fonctions spécifiques telles que ramblas, place publique, terrasse, aire de jeux ou de culture.

Le parti pris étant de créer un quartier où nous retrouvons une mixité sociale mais également une mixité des générations, le plan s’organise autour du concept EHPAD/ Foyers logements.
Nous retrouvons alors sur la parti Est un complexe de trois bâtis connectés les uns aux autres via un jeu de terrasses communes. Ces terrasses sont le résultat d’un concept de déstructuration des entre-bâtiments, générant de ce fait un éboulement de « boîte » ayant pour fonction des logements individuels. Nous obtenons ainsi un total de 212 logements allant du simple T1 au T3/T4. Nous retrouvons dans ces bâtis plusieurs types de population tels que des personnes âgées indépendantes ne souhaitant pas aller directement en maison de retraite, des étudiants, des couples ou des familles de 1 à 2 enfants. Du côté Corso Sardegna, un complexe EHPAD (Établissement d’ Hébergement pour Personnes gées Dépendantes) organisé en L vient compléter le programme: Ce bâtiment, dont la volumétrie et la hauteur rappellent l’ancien Marché de Gênes, assurent un hébergement complet pour personnes âgées, valides, semi-valides, invalides, désorientées, avec un ensemble de services comprenant les repas, les soins et l’assistance paramédicale, ainsi que des loisirs quotidiens tels que animation, gymnastique adaptée, atelier mémoire, jardinage…
D’autres prestations tels que blanchisserie, médecins venant de l’extérieur, infirmiers et aides soignantes diplômés présents par roulement (24h/24h) facilitent la vie des résidents.
D’un point de vue pratique, deux complexes ont été créés sur la partie Nord et Sud du site.
Nous proposons dans le complexe Nord des services de proximité pour les résidents du quartier qui pourront ainsi bénéficier de commerces tels que supermarchés, pharmacie, parapharmacie, coiffeurs et de restaurants/cafétérias… réduisant les déplacements et facilitant la vie quotidienne. Un complexe Bureaux accueillant des services tels que banques, assurances, administrations viennent compléter le complexe en partie droite. Le bâtiment Sud est quant à lui destiné à accueillir des prestations médicales telles que dentiste, généraliste, kinésithérapeute…assurant une sécurité aux résidents du quartier.

Finalement, une maison de quartier vient connecter les différents bâtiments et propose des espaces de rencontres entre chaque résident. Des salles de réunion, de projection et des ateliers viennent enrichir l’espace.

Par le découpage parcellaire et la morphologie des bâtiments apportés, des espaces verts viennent compléter le plan d’aménagement urbain.
Ces espaces verts sont au même titre que les espaces bâtis, un élément fondateur à l’identité d’une ville. Il font parti du patrimoine local, de même qu’ils sont de fait associés à l’image de la nature en ville.
Les espaces verts jouent alors le rôle de lien social: lieu de rencontre, support d’activités récréatives, pratiques ludiques et sportives…, culturelle de par l’aspect paysager, l’esthétisme…

C’est pourquoi, il m’a semblait nécessaire d’apporter une respiration verte au sein du nouveau quartier afin d’aérer le tissu urbain existant. Cet espace public, exclusivement piéton par l’implantation de parkings souterrains (à l’exception d’un accès handicapé depuis la Via Paolo Giacometti vers le complexe médical), offre diverses organisations de l’espace allant de la place publique minérale en partie Nord aux jardins ouvriers en partie Sud.
De plus, la prolongation de promenades amorcées en partie Sud (ramblas depuis Kennedy et arbres plantés depuis la Via Paolo Giacometti) viennent dynamiser l’espace aux limites du nouveau quartier:
En effet, la création de ramblas sur la partie Est propose un aménagement paysager et des aires de détente et de jeux pour les nouveaux résidents d’une part, mais également pour les habitants des quartiers alentours. Ces aménagements publics permettent de ce fait un contact entre les résidents des différents quartiers et proposent ainsi des espaces verts pour les quartiers voisins denses.
Un travail sur les trottoirs apporte une qualité de promenade différente des trottoirs initiaux. Les nouveaux trottoirs bordant le nouveau quartier deviennent des espaces plus amples passant de 2 à 6 voir 10 mètres de large. Ils deviennent alors support de place publique, de parvis d’accès aux commerces, d’espaces d’attente pour les transports en commun (bus), de pistes cyclables sur les ramblas…