FL [H2O] RAC

Maitre d’ouvrage Ville de FLORAC
Maitre d’oeuvre
Alexandre Ostrowski Architecte avec Sébastien Bertucci et Anaïs Comeaun Architectes.
Surface
MissionsCCR
CoûtNC
Livraison2011

Florac, cité rurale de la Lozère, possède un fort potentiel urbain. Pour répondre au mieux aux enjeux de demain, la ville doit s’engager dans une démarche de développement et d’aménagement urbain en cohérence avec le paysage des Cévennes, paysage marqué par le relief. Il s’agit alors de repenser les espaces tels que les entrées de ville, le centre historique… en mettant en place des polarités, apparues après analyse de la ville.

Afin de proposer un nouvel aménagement urbain, nous avons retravaillé certains espaces tels que l’Avenue Jean Monestier, les parkings et les espaces verts.

L’un des premiers points fut de sortir un maximum la voiture de la ville en proposant un pôle multimodal sur le versant Ouest du Tarnon. L’avenue Jean Monestier devient dorénavant une voie à sens unique permettant de desservir les habitations et complétée par une piste cyclable, ainsi que des trottoirs arborés. Ce réaménagement offre la possibilité de connecter les transports doux existants entre eux. Nous avons également proposé des ouvrages d’art permettant de passer d’une berge à l’autre.

Les parkings existants deviennent alors obsolètes et sont reconfigurés de manière à offrir des espaces verts au sein de Florac, ville qui s’est densifiée le long du Tarnon. Ils viennent en complément des espaces verts existants comme l’Esplanade qui fut également retraitée de manière à proposer un espace de rencontre plus accueillant.

Polarités :

L’analyse de la ville de Florac nous a conduits à mettre en avant 5 polarités à développer en fonction des enjeux de chacun des terrains. Ces nouveaux espaces deviennent des maillons importants dans le développement de la ville : Tout d’abord, nous avons proposé un réaménagement de l’entrée de ville au Nord. Il s’agit de mettre en avant les atouts de la région et de proposer un village artisanal, basé sur le savoir faire des artisans de la Lozère et des Cévennes. Ce village à destination du tourisme et des habitants de la ville offrira la possibilité de réinjecter une économie avec par exemple la réintroduction de l’agriculture cévenole (oliviers, oignons des Cévennes….).

Afin de répondre à l’expansion de la ville, la seconde polarité est la réalisation d’un éco-quartier, liant le nouveau village artisanal au lotissement la Gravette et la zone HLM le Jouquet.

La troisième polarité est le centre ancien dans lequel nous proposons une densification du tissu urbain. Cette densification permettra de trouver des logements et des équipements publics au cœur de la ville, inversant ainsi le processus de stratégie urbaine de Florac. Les zones commerciales retrouvent une place dans le centre et ne sont plus localisées aux entrées de la ville.

Florac étant une ville se trouvant au confluent de quatre cours d’eau (la source du Pêcher, le Tarnon, la Mimente et le Tarn), nous avons proposé la mise en place du réaménagement des berges du Tarnon, considéré comme la colonne vertébrale de la ville. Une quatrième polarité est ainsi apparue : Il nous a semblé nécessaire de structurer une base nature le long du cours d’eau, reflet de la base nature existante en aval (proche de la zone sportive et scolaire au Sud de Florac). Ce nouvel espace faisant face au pôle multimodal offre à la ville un lieu de détente et de verdure en lien avec l’eau.

Concernant le pôle multimodal, point névralgique de Florac, il permet aux habitants et touristes de choisir différents modes de transport afin de traverser ou de visiter la ville. Il devient le point de départ des sentiers piétons passant du Mont de Lempézou au causse Méjean via la ville. Il fait également office de belvédère, nouveau point de vue sur la ville et domine alors la RN106.

Afin d’exploiter les atouts de Florac, nous avons proposé un transport doux utilisant le Tarnon : mise en œuvre d’un transport fluvial permettant de rallier les berges et les polarités entre elles. Il s’agit alors de mette en place des quais d’embarcation le long des capillarités traversant Florac, mais également d’en créer de nouvelles (dans le village artisanal et au cœur de la ville vers l’esplanade) afin de desservir au mieux les espaces. Ce transport doux est complété par le prolongement des sentiers piétons et les pictes cyclables au cœur de la ville.

Démarche architecturale :

La réflexion sur le « libre cours à Florac » et l’analyse de cette dernière nous a conduits naturellement à proposer un équipement en lien avec l’eau : notre démarche fut alors de mettre en œuvre une dernière polarité sur le thème des thermes à Florac.

Il nous a paru évident que l’équipement devait se situer proches du centre et nous avons décidé d’utiliser la pente afin d’inscrire le bâtiment dans la roche.

Ainsi, nous avons essayé d’exploiter le second atout de Florac qui est la présence de sites géologiques : le schiste des Cévennes, le granit du mont Lozère et le calcaire des causses.

C’est tout naturellement que les thermes se sont ancrés en partie Sud Ouest de la ville, faisant face au centre historique et aux équipements importants tels le tribunal, le château et le centre d’information touristique.

Il vient compléter la place François Mitterrand et se jumèle à la source du pêcher et au théâtre de verdure existant. De plus, il se situe au départ du parcours de santé initié par Florac.

D’un point de vue architectural, nous avons exploité les ressources de la région et utilisé le schiste des Cévennes pour mettre en œuvre le bâtiment. La forme architecturale est le résultat d’une réflexion sur la faille. Nous avons tenté de transcrire via l’architecture l’érosion de la roche et l’idée de l’entrée de l’eau (la source du Pêcher) dans le bâtiment en proposant un vide au centre communiquant avec les différents niveaux.

Les thermes sont constitués de 3 niveaux : un rez-de-chaussée dans lequel nous retrouvons l’entrée principale, un guichet, une administration, des vestiaires et deux bassins d’eau de mer de d’argile. Nous avons également proposé des espaces de détente et de massage modulables, permettant ainsi de coupler ou non chaque espace de massage entre eux.

Le niveau supérieur est destiné aux espaces de restauration, de ventes de produits corporels et à un institut de beauté. Ce niveau offre un panorama sur la ville via une toiture accessible et communique avec le parcours de santé et le théâtre de verdure.

Le niveau inférieur est quant à lui destiné aux espaces de santé avec la mise en place d’un bassin principal, composé de trois bassins avec différentes températures d’eau. On retrouve également des espaces de hammam, de sauna et de jacuzzi.

La faille dans le bâtiment est accentuée par la mise en œuvre d’une cascade d’eau donnant l’illusion que la source du pêcher se jette à l’intérieur des thermes pour ressortir sur la place François Mitterrand.

De plus, nous proposons l’utilisation de la géothermie afin d’exploiter l’énergie de la terre transformée en chaleur. Cette chaleur est ensuite utilisée pour chauffer l’eau des bassins mais également réguler les températures internes du bâtiment.

Il nous a semblé intéressant de proposer une architecture s’intégrant au lieu par l’utilisation de la pente et de la roche présente sur le site. Le dessin de la façade représente les strates de schistes bruts, dans l’idée d’obtenir l’illusion que le bâtiment a été sculpté dans la roche. Cette façade a dont une facture irrégulière.

FL [H2O] RAC prend alors tout son sens : le réaménagement de la ville permet d’exploiter les richesses du site tout en préservant l’existant et en implantant de manière logique de nouvelles polarités. L’analyse de la ville a conduit notre réflexion sur l’utilisation optimale de l’eau en proposant un transport fluvial dans la ville connectant par la même occasion les polarités entre elles et en concevant des thermes venant compléter l’offre touristique de Florac basée sur les parcours de santé et de découverte de la nature.